En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... V72YSjC.99Mais la viabilité du modèle économique reste toujours à démontrer. Le service, presque gratuit pour l’usager, coûte cher à la collectivité. En France, après les élections municipales de 2014, plusieurs équipes ont découvert, effarées, son coût exorbitant. En novembre, deux maires nouvellement élus, Nicolas Daragon (UMP), à Valence, et François Bayrou (Modem), à Pau, ont songé à y renoncer.
Les calculs sont imparables. A Valence, le coût annuel du Libélo, exploité par Smoove, atteint alors 400 000 euros, et le nombre d’abonnés ne dépasse pas 300. A Pau, les IDECycles, gérés par le transporteur Keolis, coûtent 703 000 euros par an, pour 400 abonnés. Dans les deux villes, en retranchant les recettes, le coût annuel par vélo dépasse les 2 000 euros.
Certes, aucune collectivité n’a jamais prétendu rentabiliser un service public de transport, quel qu’il soit. Mais cela reste énorme. Benoît Beroud, fondateur de la société de conseil Mobiped, a épluché un certain nombre de contrats signés entre les municipalités et leurs concessionnaires. « Le coût par vélo et par an atteint 2 250 euros à Orléans, 2 413 euros à Rennes, 3 267 euros à Marseille », a-t-il calculé.
Le consultant américain Russell Meddin, fondateur de Bike Share Philadelphia, fixe le coût annuel d’un vélo, aux Etats-Unis, entre 1 500 et 3 000 dollars, soit 1 317 à 2 634 euros.
A Lyon, Gilles Vesco, conseiller délégué aux « nouvelles mobilités urbaines », évoque une somme de 2 000 euros pour chaque Vélo’v, au lieu des 1 000 euros consignés en 2005 dans le contrat passé avec JC Decaux. En l’occurrence, c’est au concessionnaire, et non au Grand Lyon, qu’incombe de verser la différence. « C’est une chance d’avoir conclu le marché les premiers ! », sourit M. Vesco.
Ayant retenu la leçon, le leader de l’affichage publicitaire a appris à mieux ficeler ses contrats. « Le nombre de vols et le niveau du vandalisme nous ont surpris », admet Albert Asséraf, directeur de la stratégie chez JC Decaux.
A Paris, les dépenses explosent. Chaque Vélib' coûterait chaque année 4 000 euros à la collectivité, selon l’économiste Frédéric Héran, auteur de Le Retour de la bicyclette (La Découverte, 2014, 120 pages, 17,90 euros).
Ca fait cher. Tout ça pour que quelques bobos aillent au boulot en vélo.


