La cargaison du navire, qui repose au fond de l’Atlantique après un incendie dimanche, risque fortement de polluer l’océan et les côtes françaises. Plusieurs conteneurs transportaient des matières dangereuses.
Source:Le Parisien.
Le « Grande America » et ses conteneurs de matières dangereuses reposent désormais à 4600 mètres de fond dans l’océan Atlantique. Et à seulement 330 kilomètres à l’ouest de La Rochelle (Charente-Maritime). Le navire de l’armateur italien Grimaldi Group et sa cargaison, qui a sombré mardi après le déclenchement d’un incendie à son bord dimanche, représentent désormais une bombe à retardement environnementale tant pour la faune et la flore sous-marines que pour l’écosystème des côtes bretonnes, vendéennes et aquitaines.
« Les bateaux de ce type, qui partent d’Europe du Nord pour desservir les ports de l’Afrique de l’ouest comme Dakar au Sénégal, Conakry en Guinée ou Freetown en Sierra Leone, transportent des centaines de voitures d’occasion, de remorques, d’engins de travaux publics, mais aussi des déchets à recycler et des produits chimiques, pesticides et insecticides nécessaires à l’agriculture de ces pays qui n’en sont pas producteurs », explique Jacky Bonnemains, président de l’association de défense de l’environnement Robin des Bois.
Le principal danger est celui d’une pollution aux hydrocarbures. « Nous estimons que les cuves du navire enferment entre 2000 et 2500 tonnes de fioul de propulsion qui, à terme, risquent de s’échapper et de polluer les fonds marins puis le littoral », s’inquiète Jacky Bonnemains. Il faut également craindre des fuites provenant des réservoirs des nombreux véhicules transportés. « Compte tenu de la zone du naufrage, il faut raisonnablement s’attendre, d’ici quelques jours à quelques semaines, à un arrivage diffus de produits hydrocarbures sur les côtes françaises poussés par les courants marins giratoires qui entrent dans le golfe de Gascogne mais n’en sortent pas. »
Le lieu du naufrage..Lien:
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45 conteneurs avec des matières dangereuses:
Dans un communiqué publié ce mercredi, le ministère de la Transition écologique indique que le préfet maritime est chargé de « la coordination opérationnelle des moyens sur zone pour circonscrire les risques de dérive de conteneurs » et de « suivre l’évolution des risques de pollution, les prévenir, et mettre en œuvre les stratégies de lutte antipollution qui s’avéreraient nécessaires ». Le préfet, Jean-Louis Lozier, a lui révélé mercredi, lors d’une conférence de presse, que le navire transportait « 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses ».
L’autre crainte, partagée autant par les écologistes que par les autorités maritimes, est de voir dériver en mer les conteneurs échappés du navire. « Ils représentent un risque physique de collision avec d’autres navires, ceux de pêche notamment si ces conteneurs se rapprochent des côtes, poursuit Jacky Bonnemains. Il est certain que des conteneurs vont s’éventrer sous la pression sous-marine, s’ouvrir et libérer en mer des centaines de tonnes de déchets, certains flottants comme des coques de vieux ordinateurs, des bouteilles de plastiques à recycler, qui se rapprocheront inexorablement du littoral. »
Pour l’association Robin des Bois, le « Grande America » n’est pas un « bateau poubelle », mais un navire « souffrant d’une mauvaise maintenance, détenu en 2010 au Royaume-Uni pour une série de 35 déficiences techniques et, depuis, ciblé régulièrement pour des problèmes techniques ».
L’association Robin des Bois va porter plainte:
Après deux jours d’incendie et l’évacuation de ses 26 membres d’équipage et d’un passager, le navire de 214 mètres de long, construit en 1997, en provenance de Hambourg (Allemagne) et à destination de Casablanca (Maroc) n’a pu être « sauvé ». L’intervention de trois bateaux – la frégate « Aquitaine » de la Marine Nationale, le bâtiment d’assistance « VN Sapeur » et le remorqueur de haute-mer « l’Abeille Bourbon » – n’a pas permis, en raison de conditions météorologiques difficiles, de mettre un terme à l’incendie.
L’association Robin des Bois a annoncé son intention de porter plainte contre X, auprès du tribunal de grande instance de Brest (Finistère), pour pollution et abandon de déchets. « C’est l’un des seuls leviers, et certainement le plus efficace, pour obtenir la liste complète des marchandises embarquées et pour connaître les modalités d’intervention des moyens de secours disponibles au moment de l’incendie », précise son président.
http://www.leparisien.fr/societe/alerte ... 030931.php

