https://www2.assemblee-nationale.fr/dec ... illet-1885
Voici l'essentiel d'un débat à L'Assemblée où Jules- Ferry -le -républicain expose les motifs et la justification de la colonisation en général.
M. Jules Ferry. Messieurs, je suis confus de faire un appel aussi prolongé à l'attention bienveillante de la Chambre, mais je ne crois pas remplir à cette tribune une tâche inutile. Elle est laborieuse pour moi comme pour vous, mais il y a, je crois, quelque intérêt à résumer et à condenser, sous forme d'arguments, les principes, les mobiles, les intérêts divers qui justifient la politique d'expansion coloniale, bien entendu, sage, modérée et ne perdant jamais de vue les grands intérêts continentaux qui sont les premiers intérêts de ce pays.
Je disais, pour appuyer cette proposition, à savoir qu'en fait, comme on le dit, la politique d'expansion coloniale est un système politique et économique, je disais qu'on pouvait rattacher ce système à trois ordres d'idées ; à des idées économiques, à des idées de civilisation de la plus haute portée et à des idées d'ordre politique et patriotique.
Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d'expansion coloniale au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l'Europe et particulièrement de notre riche et laborieux pays de France, le besoin de débouchés.
Est-ce que c'est quelque chose de chimérique ? est-ce que c'est une vue d'avenir, ou bien n'est-ce pas un besoin pressant, et on peut dire le cri de notre population industrielle ? Je ne fais que formuler d'une manière générale ce que chacun de vous, dans les différentes parties de la France, est en situation de constater.
Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860 ont irrévocablement dirigé dans la voie de l'exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés.
Pourquoi ? parce qu'à côté d'elle l'Allemagne se couvre de barrières, parce que au-delà de l'océan les États-Unis d'Amérique sont devenus protectionnistes et protectionnistes à outrance ; parce que non seulement ces grands marchés, je ne dis pas se ferment, mais se rétrécissent, deviennent de plus en plus difficiles à atteindre par nos produits industriels parce que ces grands États commencent à verser sur nos propres marchés des produits qu'on n'y voyait pas autrefois. Ce n'est pas une vérité seulement pour l'agriculture, qui a été si cruellement éprouvée et pour laquelle la concurrence n'est plus limitée à ce cercle des grands États européens pour lesquels avaient été édifiées les anciennes théories économiques ; aujourd'hui, vous ne l'ignorez pas, la concurrence, la loi de l'offre et de la demande, la liberté des échanges, l'influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s'étend jusqu'aux extrémités du monde. (Très bien ! très bien !)
C'est là une grande complication, une grande difficulté économique.
[...]
C'est là un problème extrêmement grave.
Il est si grave, messieurs, si palpitant, que les gens moins avisés sont condamnés à déjà entrevoir, à prévoir et se pourvoir pour l'époque où ce grand marché de l'Amérique du Sud, qui nous appartenait de temps en quelque sorte immémorial, nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l'Amérique du Nord. Il n'y a rien de plus sérieux, il n'y a pas de problème social plus grave ; or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale.
[...]
Messieurs, il y a un second point, un second ordre d'idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question.
[glow]Sur ce point, l'honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu'est ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.[/glow]
Voilà, messieurs, la thèse ; je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire : [glow]c'est de la métaphysique politique[/glow]... (Ah ! ah ! à l'extrême gauche.)
Voix à gauche. Parfaitement !
M. Jules Ferry. et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu'au bout votre thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l'expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.
[...]
Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.)
M. Jules Maigne. [glow]Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme ![/glow]
M. de Guilloutet.[glow] C'est la justification de l'esclavage et de la traite des nègres ![/glow]
M. Jules Ferry. Si l'honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l'extrême gauche et à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)
M. Raoul Duval. Nous ne voulons pas les leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !
M. Jules Maigne. [glow]Proposer et imposer sont choses fort différentes ![/glow]
M. Georges Périn. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !
M. Jules Ferry. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite.)
Nous voyons donc que la motivation c'est l'argent, la prospérité de "la France".
L'oeuvre "civilisatrice" n''est que le MOYEN et non un but.
En effet, sans la perspective d'un gain économique, l'oeuvre civilisatrice n'est qu'une entreprise coùteuse, pas rentable du tout.
Jules Ferry justifie l'oeuvre civilisatrice (le moyen et non le but) par le devoir qu'on les races supérieures de civiliser les races supérieures. Ce qui permet d'utiliser la violence pour imposer la civilisation aux races inférieures.
C'est écrit, cela a été dit et personne ne peut le nier: dire que cela n'a pas existé.
Noter que les points de vue étaient divers: Jules Ferry fait donc un choix.
On ne peut pas dire "A l'époque tout le monde pensait la même chose".
Noter aussi que les idéaux de la civilisation sont opposés à Jules ferry.
Justifier la violence par la supériorité de la race c'est la définition même du racisme.
Le nazisme n'a rien inventé. Jules Ferry et ses semblables l'ont précédé, lui ont ouvert la voie.
Il n'est donc pas "étonnant:
1) que la pire barbarie ait été employées pour CONQUERIR l'Algérie.
2) que l'oeuvre civilisatrice (qui a continué par l'apartheid et le travail forcé pour construire les infrastructures du progrès ) ait finalement échoué en 1962, les colons n'ayant réussi qu'à se faire haïr, à juste titre.
C'est incontestable: ce sont des faits, c'est à dire que cela a existé.
Si on veut tourner la page, que cette question n'empoisonne plus la vie de personne, il faut faire la paix.
Vraiment.
Pas celle de 1962
Et le meilleur moyen, c'est de dire , de reconnaître les faits.
Qui veut la paix?
Regardez bien.
https://www.programme-television.org/ne ... ws-4648696
"Banlieues : 40 ans d’échec ?" C’est le thème du débat qui opposait Éric Zemmour et François Pupponi dans le Face à face de Christine Kelly (CNews). Au cours de cet échange, la présentatrice a notamment lancé aux deux hommes : "C’est quoi être français pour vous ?", et l’ancien d’On n’est pas couché a de nouveau suscité la polémique. "Je me moque des pages sombres de notre histoire, l’important c’est l’histoire de France." entame l’essayiste. "Est-ce qu’on voit l’histoire en fonction de la France, ou de sa communauté d’origine ? Moi j’estime que quand on vit en France, et que l’on est Français, on doit changer son point de vue et que l’on doit voir l’histoire en fonction des intérêts de la France." poursuit Éric Zemmour. "Ce que je veux dire par là, c’est que quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs, et bien moi, je suis aujourd’hui du côté du général Bugeaud. C’est ça être Français." conclut-il.
Remplacez Algérie et France par Ukraine et Russie.
Ou par Pologne et Allemagne.
Qu'en pensez-vous?
Colonisation: tête de pont de la barbarie dans une civilisation d'où, à n'importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. Aimé Césaire "Discours sur le colonialisme"