Yaroslav a écrit : 11 mars 2026 19:54
jeandu53 a écrit : 11 mars 2026 00:11
La France bénéficiait d'un avantage compétitif grâce au parc nucléaire et au savoir-faire d'EDF : l'électricité était abondante, son prix était assez faible, et stable. Mais il fallu ouvrir à la concurrence, c'est-à-dire permettre à des entreprises communément appelées "opérateurs alternatifs" de vendre de l'électricité (mais pour moi, ce sont des parasites, puisqu'elles vendent de l'électricité qu'elles ne produisent pas et qu'EDF a été obligé de leur vendre à bas prix). Pour ce faire, un système complètement débile de fixation du prix de l'électricité a été mis en place, où le prix de l'électricité est plus ou moins fonction du prix du gaz, aboutissant à une inflation sans commune mesure avec les coûts de production d'EDF. La France a ainsi perdu l'avantage compétitif qu'elle avait, grâce au nucléaire, sur les pays qui, comme l'Allemagne, vivaient grâce au gaz russe. Merci à l'UE, et à ceux qui ont signé ces traités...
Tu n'as toujours rien compris. Essaie de comprendre les choses avant de critiquer, c'est la moindre des choses.
L'ARENH qui a pris fin cette année n'a strictement rien à voir avec le marché spot de l'électricité.
Et le marché européen de l'électricité permet à la fois de prioriser notre nucléaire, donc de l'exporter au maximum, et de le vendre à prix relativement élevé, ce qui veut dire concrètement des surprofits pour EDF (notre "fleuron national") qui profite à plein pot du système.
Je maintiens ce que je dis : dans un système où le prix de l'électricité est fixé de façon administrative, en fonction des coûts de production d'EDF, les prix de l'électricité n'auraient pas connu la flambée qu'ils ont connue ces dernières années et qui a ruiné de nombreuses entreprises françaises (certes, ça a un peu rebaissé depuis, mais le mal est fait).
Je maintiens ce que je dis : l'ARENH était un mécanisme débile qui obligeait EDF à céder de l'électricité à prix bas à des fournisseurs alternatifs qui ensuite la revendaient beaucoup plus cher. Autrement dit, ça a fait perdre de l'argent à EDF pour engraisser des parasites. L'ARENH a été remplacé par un mécanisme complexe qui va rendre les prix encore plus volatils et exposer les foyers aux fluctuations du marché.
Les zélotes de la libre concurrence raisonnent comme si l'électricité était un marché comme les autres. Mais ce n'est pas un marché comme les autres, c'est un monopole naturel, encore plus dans un pays où il y a un parc nucléaire important ! Et c'est cette exposition aux aléas du marché qui enlève toute visibilité aux investisseurs et empêche de réaliser les gros investissements que nécessiterait le remplacement progressif de nos réacteurs.
Voici une illustration très pertinente :
Donc je maintiens ce que je dis : cette réforme débile du marché de l'électricité, uniquement dictée par des considérations idéologiques (le dogme de la libre concurrence) a gravement porté atteinte aux intérêts de la France et des Français.
Cépajuste a écrit : 11 mars 2026 20:23
L’euro est un compromis, pas un bouclier absolu. Dire que l’euro protège la France est une vérité partielle. Oui, il lui donne accès à des taux bas et à une monnaie stable. Mais il la prive d’outils économiques essentiels, ce qui peut rendre certains chocs plus difficiles à absorber. Et le revers de la médaille des taux bas, c'est qu'ils encouragent l'endettement.
N'oublions pas non plus que l'euro est surévalué pour nos entreprises. Comme la France ne peut plus dévaluer, nos entreprises sont, encore plus gravement qu'avant, exposées à la concurrence étrangère, en provenance de pays où les coûts de production sont plus faibles.
papibilou a écrit : 11 mars 2026 11:01
Vous auriez pu citer les télécoms qui fonctionnaient plutôt bien (et qui fonctionnent très bien aujourd'hui) mais qui étaient beaucoup plus chers car non soumis à la concurrence.
Oui, admettons.
Vous auriez pu citer la SNCF qui avait elle aussi un monopole et qui est désormais en concurrence et doit faire attention à ses prix si elle ne veut pas perdre des parts de marché.
Pas sûr que ce soit un progrès. Les concurrents étrangers viennent sur les grandes lignes (les plus rentables). La SNCF elle-même se consacre aux grandes lignes et délaisse les petites lignes.
La libre circulation des personnes et des biens nous permet de voyager presque partout en Europe avec la même monnaie. La libre circulation des capitaux existe bien mais elle permet à l'UE de représenter une force financière importante au niveau mondial.
Mais il faut mesurer les conséquences à plus long terme. La libre circulation des personnes, des capitaux et des biens place les pays en concurrence entre eux pour attirer les investisseurs. Les conséquences sont multiples : impossibilité de taxer les plus riches comme le souhaite la gauche (sinon, ils partent), impossibilité de taxer et réguler les flux financiers (sinon, les investisseurs vont dans d'autres pays), etc.
La désindustrialisation n'a rien à voir avec l'UE. L'industrie automobile est en difficultés essentiellement en raison de la concurrence chinoise.
Il n'y a pas que la concurrence chinoise, loin s'en faut. Notre industrie a surtout été victime de la concurrence des pays de l'Est. C'est dans ces pays que nos usines automobiles ont délocalisé à partir des années 90.
La PAC a permis à nos agriculteurs qui voulaient continuer à exporter mais se sont trouvés devoir affronter une concurrence mondiale, de percevoir des aides considérables.
Non, la PAC a ruiné nos agriculteurs en les exposant à une concurrence étrangère déloyale et en organisant la chute des cours. Elle a compensé par des aides, mais cela n'a pas suffi, loin s'en faut.
Moi je peux vous citer des domaines ou je regrette que l'UE ne soit pas plus approfondie et unie: la défense et les affaires étrangères.
Oui, on est tenté de le penser. Mais il faut bien savoir ce que ça implique. S'il y avait une UE plus approfondie, les Etats ne pourraient plus bloquer le processus de décision. Dans ce ce cas, la France risque d'être souvent mise en minorité, sur de nombreux sujets, comme ce fut le cas récemment avec le traité MERCOSUR. Par exemple, s'il y avait eu une UE plus approfondie en 2003, elle serait peut-être partie faire la guerre en Irak en 2003 avec les USA, et la France aurait été obligée de suivre...
Au final, l'UE s'est construite avec des reculs et des avancées dans chaque état. Mais on doit aujourd'hui se rendre compte que sans l'UE la Chine ou les USA nous écraseraient économiquement car notre pays reste un petit pays.
Oui, ça, c'est ce que les européistes nous ont dit en 1992 pour nous vendre leur projet. Je m'en souviens très bien : c'est à ce moment-là (au moment du référendum sur le Traité de Maastricht) que j'ai commencé à m'intéresser à la politique.
Mais la France nous montre qu'il n'en est rien : l'UE est écrasée économiquement, diplomatiquement, militairement, industriellement, par la Chine et les USA.
Moi, l'UE, aujourd'hui, j'en perçois les contraintes, mais pas les avantages.